L’humeur de Jean-Pierre Elissalde : WC – 10 et toujours XV de France – 10…
Posté le 01.07.2010 dans L'humeur de Jean-Pierre Elissalde par JPE / Lu 1 462 foisL’équipe de France est à 10 matches de la Coupe du monde (trois cet automne, cinq pour le prochain Tournoi, puis deux de préparation au Mondial). Elle est toujours à la recherche d’un dix, aussi, c’est en tout cas mon sentiment. Alors, à dix matches de la grande échéance et à l’issue de la saison écoulée, puisqu’il faudra emmener trente gars en Nouvelle-Zélande (doubler certains postes, en tripler d’autres, donc prendre des polyvalents parfois), faisons un bilan des (in)certitudes françaises en termes d’effectif.
Pilier gauche : Un fauteuil pour deux, Fabien Barcella et Thomas Domingo, intouchables, avec peut-être un avantage à Domingo, plus complet.
Talonneur : William Servat incontestable numéro un. Derrière, Dimitri Szarzewski est là, toujours aussi fougueux, présent dans le combat, la défense notamment (voir ses stats), mais trop discret dans le jeu offensif. En numéro trois, Toulon a dû dépenser un « peu » d’argent pour le recruter alors je mets une petite pièce sur Jean-Philippe Genevois, qui va s’exposer dans tous les sens du terme au RCT, plus que sur le Catalan Guilhem Guirado.
Pilier droit : Nicolas Mas est incontournable et loin devant. Qui derrière lui ? On peut penser à Jean-Baptiste Poux et Sylvain Marconnet pour leur polyvalence. C’est leur saison qui dictera le choix des sélectionneurs. Je remettrais Vincent Debaty, polyvalent aussi, qui dispose d’un potentiel énorme dans le jeu, sachant que la mêlée est moins ardue et complexe au niveau international qu’elle ne l’est dans notre championnat.
Deuxième ligne : On est armé avec quatre postulants aussi efficaces les uns que les autres, Lionel Nallet, Pascal Papé, Julien Pierre et Romain Millo-Chlusky. Pour avoir vu Jérôme Thion (sans avoir vu Biarritz !) avec les Barbarians si à l’aise dans le jeu courant, je me pose la question de sa disparition au niveau international…
Troisième ligne aile, n°6 : Dusautoir est l’évidence. Derrière, c’est très ouvert et du monde se bouscule aux portillons entre Fulgence Ouedraogo, Wenceslas Lauret, Alexandre Lapandry et pourquoi pas, même, le retour de Yannick Nyanga. Parmi mes incompréhensions et les incompris, je cite Jean Bouilhou.
Troisième ligne aile, n°7 : Imanol Harinordoquy et Julien Bonnaire sont, là aussi, l’évidence, avec leur rôle prépondérant en touche notamment.
Numéro huit : Sébastien Chabal sans hésitation. Comme il l’a fait cette saison, il occupera sans doute ce poste sans discontinuer et avec réussite au Racing l’année prochaine. J’ajoute Louis Picamoles qui va faire une belle saison avec Toulouse, j’en suis persuadé, il lui fallait le temps d’assimiler sa mutation. Et puis je l’ai trouvé mal jugé contre les Pumas. Il a fait une bonne première mi-temps en étant un des rares Français à avancer sans tomber.
Demi de mêlée : Morgan Parra et Julien Dupuy, Parra en numéro un. A part lui-même, je ne vois pas qui peut le faire reculer. En numéro trois, je prendrais Fred Michalak pour sa polyvalence.
Demi d’ouverture : François Trinh-Duc est, pour moi, le chou(chou) presque blanc. On veut bien être patient mais la patience a des limites. C’est vrai qu’il a de bonnes statistiques individuelles mais elles concernent des situations de un contre un, or un ouvreur est un meneur qui réfléchit, joue et fait jouer en se plaçant à quinze contre quinze, qui explore toutes les zones et exploite les plus rentables. Un demi d’ouverture qui ne peut pas peser joue au centre. Trinh-Duc a trop de défauts, sa passe longue, son jeu au pied en profondeur notamment, pour assumer le poste, où, pour moi, il n’y a que Traille qui m’aille. Damien Traille pèse sur le jeu. Il se repositionne à Biarritz, profitons-en pour lui donner une chance à l’ouverture en équipe de France également. Enfin, en numéro trois, je mettrais un peso sur Fabrice Estebanez, polyvalent lui aussi. Cet homme-là a du fond, il a quelque chose en lui.
Premier centre : Yannick Jauzion sans aucun doute. Damien Traille pas trop loin, comme doublure.
Deuxième centre : On en a beaucoup vu mais aucun n’a vraiment saisi sa chance, à part Matthieu Bastareaud peut-être. Avec lui, j’ajoute Florian Fritz. Et, petite surprise, Yoan Audrin, joueur un peu trop méconnu que j’ai entrainé à Béziers et Bayonne, plein de talent, qui peut jouer aussi à l’aile. Ce n’est pas un monstre physique mais au moins il propose quelque chose de différent.
Ailier : Benjamin Fall, qui, comme Genevois à Toulon, va s’exposer au Racing-Métro, Aurélien Rougerie et Vincent Clerc. Pour ces trois-là, on peut dire que ça ne dépendra que d’eux. Pour les autres, Julien Malzieu, Marc Andreu, Alexis Palisson, leur sélection dépendra de leur forme du moment et de la réussite de leur club, qui seront décisives.
Arrière : Autant en dix on n’en a vu qu’un, donc on n’a rien vu d’autre, autant en quinze, on en a vu beaucoup sans voir grand chose. Clément Poitrenaud a fait un bon Tournoi. Maxime Médard est très loin aujourd’hui. Comme doublure possible, il y a Jérôme Porical, Anthony Floch, voire Lionel Beauxis. Ou des ailiers suscités polyvalents (Palisson, Rougerie, Fall, voire Heymans)…
Conclusion, le staff des Bleus dispose d’un certain nombre de certitudes mais on constate qu’elles concernent essentiellement les avants. Etonnamment ( ?), dans notre jeu, on se rend compte que les avants vont de l’avant tandis que les arrières sont à la traîne, ce fut évident pendant le Grand Chelem, moins lors des déroutes de juin où tout le monde a pris l’eau. Ce jeu… Quel jeu ? C’est un autre et vaste sujet que je n’ai pas la place de traiter ici, comme je n’ai ni la place ni l’envie de traiter des entraineurs tricolores. Et c’est aussi bien comme ça.
Jean-Pierre Elissalde
PS : Bonnes vacances et essayez d’être réactifs à la rentrée ou à la reprise du Championnat, nous serons là !
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Commentaires ( 4 )
regis a laissé un commentaire le 01 juil 2010 à 13:39 - Signaler un contenu inapproprié -Je partage quasi totalement votre analyse !
J’aurais rajouter Ducalcon à droit, burban en 3eme ligne.Je suis pas un grand fan de traille mais je pense en effet qu’il sera plus constant que peu l’etre trinh duc.
Par contre je suis plus inquiet pour le poste de 12 ou Jauzion est certes intouchable mais bien seul à ce poste et qu’il y a connu un passage à vide il y a 1 an et demi.J’espere que le staff reussira à construire un jeu cohérent avec les joueurs qu’il aura a sa disposition.
Si on doit gagner la coupe du monde avec un pack fort et marquer des pénalités comme les anglais ont pu le faire en 2003, je dis BANCO !!
Anonyme a laissé un commentaire le 01 juil 2010 à 14:56 - Signaler un contenu inapproprié -VINCENT DEBATY ne semble pas intéressé les selectionneurs ( du moment) c’est dommage car depuis que VINCENT est CLERMONT il a vraiment pris une autre dimension dans le jeu.
pierre a laissé un commentaire le 02 juil 2010 à 09:58 - Signaler un contenu inapproprié -En 10, je te trouve dur avec Trinh Duc, il a fait de très bons matchs en bleu, sa défense est en général bien meilleure que celle de ses rivaux, il attaque bien la ligne et on peut rejouer derrière lui. Il me plairait certainement aussi au centre. J’aurais bien aimé aussi revoir Beauxis en 10.
Flozad a laissé un commentaire le 03 juil 2010 à 19:06 - Signaler un contenu inapproprié -Plusieurs chosent me surprennent ici.
La 1ère : On répète à l’envie et à juste titre que Jauzion est incontournable en 12 mais JP. Elissalde oublie quand même de citer Mermoz! Il a beau avoir complétement raté sa fin de saison, ce joueur transpire le rugby et l’USAP va sans aucun doute le mettre au repos en début de saison pour le retaper.
la 2nde : La fin du papier de JP Elissalde qui, faisant mine d’éviter l’animosité, remet en cause assez méchamment les sélectionneurs, ce qui n’est pas dans les habitudes de la maison.
la 3ème : On peut continuer à taper sur Trinh-Duc. Aucun souci, allons-y! Mais après on peut aussi causer du désert qui le précède : aucun 10 de son âge n’a sa maturité, aucun 10 ne pèse sur la ligne adverse comme lui (Estebanez !?!), sans parler de la lenteur chronique de Skrela, l’inconstance de Beauxis, les limites de Boyet, Peyrelongue et cie. Traille est aujourd’hui la seule alternative crédible (et même très crédible), mais que n’aurait-on pas entendu si on l’avait fait joué 10 en sélection alors qu’il était plus souvent 12 ou 15 dans son club?








