Les Bleus passés au scanner : plus gros cavaleurs et principaux porteurs de balles

Posté le 01.07.2010 dans Statistiques par Ludovic Ninet / Lu 922 fois


Parmi les joueurs ayant gagné le plus de terrain balle en main et/ou porté le plus le ballon cette saison sous le maillot bleu, on trouve inévitablement les joueurs chargés de remonter le terrain après coup de pied adverse et les ailiers, mais pas seulement. Se dessine aussi, grâce aux statistiques Opta, le « profil » de jeu du quinze de France avec ses incontournables porteurs de balle, devant comme derrière. Premiers de ces deux classements, Poitrenaud et Trinh-Duc. Dusautoir et Clerc ne sont jamais loin.

Les plus gros cavaleurs

1. Clément Poitrenaud (7 matches, 6 titularisations, 452 minutes passées sur le terrain) : 432 mètres

2. Vincent Clerc (7 m, 6 t, 522’) : 392 mètres

3. François Trinh-Duc (10 m, 10 t, 761’) : 316 mètres

4. Marc Andreu (4 m, 2 t, 171’) : 225 mètres

5. Yannick Jauzion (7 m, 7 t, 514’) : 199 mètres

6. Imanol Harinordoquy (6 m, 6 t, 408’) : 189 mètres

7. Thierry Dusautoir (10 m, 10 t, 732’) : 183 mètres

8. David Marty (9 m, 4 t, 403’) : 176 mètres

9. Matthieu Bastareaud (5 m, 4 t, 281’) : 156 mètres

10. Alexis Palisson (4 m, 4 t, 263’) : 137 mètres

Et devant : Louis Picamoles (3 m, 2 t, 187’) : 109 mètres ; Julien Bonnaire (10 m, 7 t, 586’) : 104 mètres ; Dimitri Szarzewski (10 m, 3 t, 386’) : 86 mètres ; William Servat (7 m, 7 t, 347’) : 77 mètres…

Etc.

Remarques :

Seulement deux avants parmi les 10 : le plus utilisé, Dusautoir, et le plus utilisé en numéro huit, Harinordoquy. J’ai failli faire entrer dans ce classement la paire Servat-Szarzewski en additionnant leurs totaux (puisqu’ils se suivent sur le terrain et ne s’y croisent jamais) tant ils apportent l’un et l’autre face aux défenses placées grâce à leur puissance !

A noter hors classement, les 58 mètres de Pascal Papé en seulement 4 matches (298’). Le joueur du Stade Français est le seul deuxième ligne (avec Chabal peut-être, 52 mètres en 6 matches, 206’) capable d’avancer autant ballon sous le bras, loin devant ses concurrents au poste, Nallet (35 m en 9 matches, 582’), Pierre (29 m en 7 matches, 281’) et Millo-Chlusky (3 m en 4 matches, 233’). Tout aussi solide sur les autres tâches dévolues à son poste, Papé peut constituer, selon ces statistiques, une alternative intéressante aux porteurs de balle habituels du paquet d’avants (voir plus bas).

Derrière, une belle mention à Marc Andreu qui en 2 matches complets et 11 minutes de temps de jeu réel a couvert une sacrée distance balle en main. Relevons une fois encore les données de François Trinh-Duc qui parcourt en moyenne environ 30 mètres par match ballon en main. Ses initiatives seraient peut-être plus souvent couronnées de succès (ou de rebondissements) si le jeu du quinze de France s’articulait sciemment autour de ses prises de risque.

Les joueurs qui ont le plus porté le ballon

(+passes après contact ou offloads*)

1. François Trinh-Duc (10 matches, 10 titularisations, 761’) : 63 fois – 15 offloads

2. Thierry Dusautoir (10 m, 10 t, 732’) : 58 fois – 8 offloads

3. Vincent Clerc (7 m, 6 t, 522’) : 57 fois – 7 offloads

4. Clément Poitrenaud (7 matches, 6 titularisations, 452’) : 56 fois – 9 offloads

5. Imanol Harinordoquy (6 m, 6 t, 408’) : 49 fois – 10 offloads

Yannick Jauzion (7 m, 7 t, 514’) : 49 fois – 8 offlaods

7. William Servat (7 m, 7 t, 347’) : 38 fois – 0 offlaod

Dimitri Szarzewski (10 m, 3 t, 386’) : 38 fois – 2 offloads

9. Julien Bonnaire (10 m, 7 t, 586’) : 33 fois – 4 offloads

10. Morgan Parra (10 m, 8 t, 616’) : 32 fois – 8 offloads

Remarques :

Pourquoi faire apparaître les passes après contact ? Parce qu’après le franchissement net et le plaquage cassé, la passe après contact est la troisième voie pour franchir une défense hermétique (cf. essai de Malzieu sur passe dans le contact de Trinh-Duc contre l’Argentine). A ce jeu et qui n’apparaissent pas là, Alexis Palisson (8 offloads) et Julien Mazieu (6) présentent des profils intéressants.

Concernant le classement ci-dessus, Thierry Dusautoir a beaucoup plus joué que les autres avants, ce qui explique en partie sa deuxième place, mais ce total d’initiatives montre aussi sa volonté de montrer l’exemple, balle en main, dans le désir d’avancer. Ensuite, hors arrière (Poitrenaud) et numéros huit (Harinordoquy et Bonnaire), on constate que le jeu du XV de France repose sur quelques individualités : Jauzion « la trieuse » de ballons, Clerc le feu follet qui se propose partout sur le terrain, Servat et Szarzewski les démolisseurs qu’on envoie défoncer les murs et qui avancent malgré tout (voir plus haut).

Pour soulager les deux talonneurs, Lièvremont pourrait donc se tourner vers Pascal Papé (21 courses en 4 titularisations), il l’aurait certainement plus fait si Papé ne s’était pas blessé en début de Tournoi, et vers Louis Picamoles (21 courses en 2 titularisations et 1 remplacement), mais il semble que le néo-Toulousain ait déçu et déçoive encore le staff des Bleus dans d’autres secteurs du jeu. Et Chabal en huit ?…

A noter, le total de Marc Andreu qui, dans un rôle très proche de celui de Clerc, a tout de même effectué 23 courses avec le ballon sous le bras. Au niveau des centres, Marty (29) et Bastareaud (23) suivent Jauzion, tous les deux à 5 passes après contact.

*en langue anglaise, on appelle « offloads » ces passes après contact, un terme venu du rugby à XIII… et offload prend moins de place à écrire que « passe après contact » !

Lire aussi :

Les meilleurs plaqueurs

Les meilleurs casseurs de plaquage et franchisseurs

La touche, sauteurs et lanceurs

L’humeur de Jean-Pierre Elissalde sur la saison du XV de France

Statistiques livrées par :

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Commentaires ( 2 )

Bonjour,

Félicitations pour votre blog. Concernant l’offload, (libération de balle sous l’emprise du plaquage) vous avez effectivement raison, cela vient du Treize. Ce rugby en avance sur son temps, forme ses joueurs à cette technique que l’on peut qualifier d’arme fatale dans certains cas de figures.
En effet, prenez un joueur comme David Ferriol des Dragons Catalans. Il excelle dans ce domaine, monopolisant parfois 3 voire 4 joueurs adverses, libérant ainsi beaucoup d’espace pour ses coéquipiers..
La clé de la réussite est là. Libérez de la place, de l’espace afin de relancer le jeu par une libération divine ! Le XIII libère des espaces (26 acteurs sur le terrain) alors imaginez le 15 et ses 30 joueurs…Il faut former les avants et même les 3/4 à cette technique, cela mettra en danger forcémment l’adversaire…qui aura du mal à tisser sa toile défensive dans les secondes qui suivent l’offload ou libération de ballon sous le plaquage.

Allez adishatz

Un biarrot

rugbyman13 a laissé un commentaire le 01 juil 2010 à 15:46 - Signaler un contenu inapproprié -

C’est important en effet, à condition d’avoir un soutien proche. Mais sur ce point, l’équipe de France est encore en retard pour pouvoir utiliser les ballons au mieux.

ChatNoir a laissé un commentaire le 01 juil 2010 à 17:05 - Signaler un contenu inapproprié -