Dimitri YACHVILI

Né le 19 septembre 1980 à Brive-la-Gaillarde
Taille : 182 cm - Poids : 87 kg

Poste : Demi de mêlée

Parcours en Equipe de France

61 sélection(s)


dont 26 en tant que remplaçant et 1 capitanat(s)

Dernière sélection : 17/03/12 Pays de Galles - France
Première sélection : 23/11/02 France - Canada
376 points


2 essai(s) 51 transformation(s) 86 pénalité(s) 2 drop(s)


Tous les matches en Equipe de France

Réduire la liste


Biographie de Dimitri YACHVILI :

Dimitri Yachvili en bleu, c’est une histoire d’allers-retours incessants et de forte concurrence : 59 sélections depuis 2002 mais « seulement » 33 titularisations, quelques trous béants, pas de Coupe du monde 2007 par exemple, mais désormais 357 points qui en font le troisième meilleur réalisateur de l’histoire du XV de France. « Je m’y attendais plus trop », déclara-t-il quand en mars 2010, une énième fois on l’appela pour suppléer les blessés, Michalak en l’occurrence, ce dernier appelé pour remplacer Elissalde, doublure de Parra, concurrent de Dupuy, suspendu, et de Tillous-Borde, blessé longue durée. Enième choix de Marc Lièvremont, Yachvili ? En toute discrétion, il participa au Grand Chelem (22 minutes contre l’Italie), le deuxième de sa carrière après 2004. Et c’est lui qui partit en juin avec le XV de France, puis fut retenu en novembre, à nouveau dans les 22 mais toujours numéro 2, derrière Parra, comme un éternel recommencement... Avant que 2011 change la donne. 

Yachvili découvrit l’équipe de France dans l’ombre de Fabien Galthié et de Frédéric Michalak (2002-2003, 18 points contre l’Italie et contre le pays de Galles dans le Tournoi 2003 tout de même, les matches sans enjeu de la Coupe du monde en Australie), puis souqua ferme pendant quatre ans, de 2004 à 2007, au coude à coude avec Jean-Baptiste Elissalde (15 titularisations en 24 matches vs. 19 en 26 matches pour « JBE ») et dans une moindre mesure avec Pierre Mignoni. Mais ce sont bien ces deux derniers qui participèrent au Mondial 2007 en France. Lui avait été laissé sur le bas-côté par Bernard Laporte au lendemain d’une défaite à Twickenham dans le Tournoi 2007 qu’il n’avait pu enrayer, héros pourtant des trois précédentes oppositions avec l’ennemi de toujours : 19 points sur 24 en 2004, 18 sur 18 à Twickenham en 2005 et 16 sur 31 en 2006. Co-capitaine d’une tournée, aussi, en juin 2005 (1 capitanat contre l'Afrique du Sud).

Victime de la concurrence avec le XV de France, Dimitri Yachvili la domine pourtant en club, à Biarritz notamment où il poussa à l’exil Julien Dupuy et Sébastien Tillous-Borde, tous deux faits internationaux par Lièvremont. « Il a une main extraordinaire, expliquait Jacques Delmas, son entraineur biarrot dans Rugby Hebdo en juin 2006, et il est capable de gestes techniques de grande classe. » « Yach » avait été le grand artisan du titre de Champion de France gagné un an auparavant (37-34 contre le Stade Français après prolongations, la pénalité de la gagne à la 102e, 29 points, le record en finale), il avait inscrit 14 des 19 points du BO lors de la finale de Coupe d’Europe 2006 perdue contre le Munster (23-19) et s’apprêtait à en marquer 15 de plus (sur 40) pour le deuxième Bouclier de Brennus consécutif du Biarritz Olympique conquis face à Toulouse (40-13). Quel pied gauche ! qu’il avait exercé dans le jardin de son grand-père face à des poteaux de bois, puis au football à l’OGC Nice et enfin, depuis 2004, sous les conseils de Jean-Michel Larqué, ancien footballeur et capitaine des Verts de Saint-Etienne.

Dimitri Yachvili, fils de Michel 15 fois international français*, talonneur ou troisième ligne double finaliste du Championnat de France dans les années 70 avec Brive, petit-fils d’un autre talonneur briviste et d’un soldat géorgien de l’armée soviétique venu se réfugier en Limousin pendant la seconde guerre mondiale, a joué et perdu une deuxième finale de Coupe d’Europe en mai 2010 contre Toulouse (21-19), match au cours duquel il inscrivit 12 points sur 19. Il est (début 2012) le quatrième meilleur réalisateur de l’histoire de la compétition européenne avec 597 points. « C’est un morpion, disait encore Delmas. Si tu le laisses faire, il te mange la chaussure, le lacet et la semelle… » « Il a un mental de talonneur », renchérit Thomas Lièvremont qui fut son capitaine à Biarritz. Yachvili est dur au mal, un caractère bien trempé qu’il forgea au PUC en Fédérale 1 de 19 à 20 ans, qu’il aiguisa ensuite dans l’âpreté du Championnat d’Angleterre et de sa concurrence avec l’international Andy Gomarsall à Gloucester pour devenir, à Biarritz où il débarqua en 2002 au lendemain d’un titre de Champion de France que le club attendait depuis 1939, le leader à l’emprise incontestable sur son équipe entière qu’on connaît aujourd’hui. Comblé en club, intermittent à l’échelon supérieur... jusqu'à 2011, donc.

Lors du dernier Tournoi, Yachvili, désormais incontournable en bleu tant ses performances avec Biarritz étaient consistantes, finit par devenir l'égal de Morgan Parra dans l'esprit du sélectionneur. Il "chipa" ainsi à son jeune rival le maillot frappé du numéro 9 pour le match contre l'Angleterre puis fut encore titularisé pour affronter l'Italie mais une contusion à la cuisse le priva de la fin du Tournoi. En revanche, il tint son rôle de tôlier avec le BO en quart de finale de Coupe d'Europe puis avec un certain brio en barrage de Top 14 contre Clermont face à... Parra qu'il donna l'impression de dominer. Fort logiquement, il était retenu dans le groupe pour disputer sa deuxième Coupe du monde. 

Parra replacé à l'ouverture, Yachvili joua les sept matches de la compétition dont six comme titulaire à la mêlée. Il inscrivit 39 points - avec un taux de réussite impressionnant supérieur à 80% - avant d'abandonner la tâche à son jeune compère de la charnière, la cuisse trop douloureuse pour jouer ET buter. Il avait tout de même dépassé dans la hiérarchie des meilleurs réalisateurs français, son aîné Didier Cambérabéro. Il joua donc la demi-finale et la finale sur une jambe. De retour à Biarritz, il dut se soigner et ne retrouva la compétition que fin décembre. Suffisamment tôt pour être appelé par le nouveau sélectionneur du XV de France Philippe Saint-André (qui l'avait, tiens, recruté à Gloucester en début de carrière), admiratif de son comportement pendant le Mondial et dès sa reprise en Top 14, à préparer le Tournoi des Six Nations 2012, au sein d'un groupe élargi à trente joueurs. 

* Il est également le frère de Grégoire, qui joua en France au niveau professionnel à Bègles-Bordeaux et au Metro-Racing et fut sélectionné à 12 reprises pour la Géorgie.

Dernière actualisation : 11 janvier 2012

Carrière en club :

  • 1998 - 1999 : CA Brive
  • 1999 - 2001 : Paris Université Club
  • 2001 - 2002 : Gloucester Rugby
  • 2002 - Maintenant : Biarritz Olympique