Yannick JAUZION
Taille : 193 cm - Poids : 107 kg
Poste : Trois-quarts centre
Parcours en Equipe de France
dont 8 en tant que remplaçant
Dernière sélection : 12/03/11 Italie - France
Première sélection : 16/06/01 Afrique du Sud - France
20 essai(s) 1 drop(s)
Derniers matches en Equipe de France
-
12/03/11 : Italie 22 - France 21
(titulaire)
26/02/11 : Angleterre 17 - France 9
(titulaire)
13/02/11 : Irlande 22 - France 25
(remplaçant)
27/11/10 : France 16 - Australie 59
(titulaire)
20/11/10 : France 15 - Argentine 9
(titulaire)
Voir tous les matches
Biographie de Yannick JAUZION :
Il allait sur ses 23 ans, sortait de sa première tournée avec le XV de France et avait dit ne pas être sûr de vouloir, un jour, être professionnel à 100%. C’était en juillet 2001. Etudiant à l’Ecole Supérieure d’Agriculture de Purpan, Yannick Jauzion venait de boucler sa première saison en 1re « div » à Colomiers. Il était déjà le tronc d’aujourd’hui, grand comme un deuxième ligne, des bras comme des jambes, mais avait encore l’humilité de la terre collée aux pompes, aveugle face à l’évidence qu’il serait, demain, l’un des meilleurs centres du monde.
Avec le temps, il finit tout de même par comprendre qu’il avait dans les pognes un talent d’artiste greffé sur un corps de déménageur : 1,93 m, 95 kg au début de sa carrière, 107 aujourd’hui. « Sa morphologie à son poste est un paradoxe, dit d’ailleurs Zeba Traoré, son préparateur physique à Toulouse, mais il a réussi à développer des ressources athlétiques pour allier vitesse, finesse gestuelle et maîtrise technique. » Pour être finalement le prototype du centre parfait, capable de jouer dans tous les registres comme le fit si bien avant lui Philippe Sella son modèle, preneur d’intervalles ou initiateur de points de fixation, passeur si souvent, même deux ou trois défenseurs sur le dos. « Derrière lui, le jeu continue toujours », en conclut Jean-Philippe Cariat, son entraîneur columérin.
Et depuis 2001, le garçon timide, qui regarda derrière lui voir à qui l’on parlait quand, à 17 ans, on lui annonça sa sélection en première à Graulhet, compte 73 capes sous le maillot bleu et 20 essais (10e marqueur de l’histoire, le 3e en activité), deux Grands Chelems (2004, 2010) et deux demi-finales de Coupe du monde (2003, 2007). Sans l’avoir fait exprès, ou presque, puisqu’il ne s’y voyait pas. Ce qui l’intéressait, c’était son diplôme d’ingé (obtenu en 2003) et cet autre espace temps qu’est le monde agricole, la ferme familiale à Venès (Tarn) et le lait de brebis produit pour les caves de Roquefort. Le rugby, ose-t-on, en a décidé autrement. Le Stade Toulousain, notamment.
Yannick Jauzion a éclos définitivement en 2003, à l’issue de sa première saison toulousaine et, déjà, d’un titre européen et d’une finale de Championnat. Lui qui, ayant grandi sur le tard, avait appris à ne pas jouer en force parce qu’il n’en avait pas les moyens, trouva dans le jeu toulousain, inspiré par Guy Novès et Philippe Rougé-Thomas, les conditions de son épanouissement. A l’été 2003, il explosa donc définitivement, poussant Damien Traille, pourtant indétrônable depuis 24 rencontres, sur le banc des remplaçants et devint le deuxième titulaire du centre tricolore pour le Mondial en Australie, au côté de Tony Marsh. « T’as cinq minutes pour devenir cinglé », lui glissait avant les matches Bernard Laporte, le sélectionneur de l’époque. Placide, Jauzion ne montrait rien. Il réussit quand même le coup du chapeau pour l’ouverture contre les Fidji. Puis, sauf blessure (le privant du Tournoi 2006 par exemple) ou méforme passagère, il ne rata quasiment plus aucun match du XV de France, en jouant entre six et dix par saison.
En 2004 (Grand Chelem, finale européenne avec Toulouse) et 2005 (victoires contre l’Australie et l’Afrique du Sud à Paris, Coupe d’Europe avec Toulouse), il devint de l’avis de ses pairs et malgré l’accumulation des rencontres – jusqu’à 41 matches officiels par saison ! – le meilleur centre du monde, émule du All Black Tana Umaga ou de l'Irlandais Brian O'Driscoll. Multipliant les partenaires à Toulouse (Garbajosa, Desbrosse, Fritz Kunavore, David) et en équipe de France (dix, dont Glas, Traille, Marsh, Marty, Fritz et Bastareaud), accumulant les titres ou les finales avec le Stade Toulousain (Champion de France 2008 et 2011, d’Europe 2010, finaliste européen 2008), les honneurs avec les Bleus et quelques déroutes fracassantes, en demi-finale du Mondial 2003 contre l’Angleterre, contre la Nouvelle-Zélande en France en 2004 et 2006, contre l’Australie ou l'Italie très récemment. La Coupe du monde 2007 est à part. Il y eut la magie, cette victoire en quart contre la Nouvelle-Zélande (à sa sixième opposition contre les All Blacks !) et son 16e essai en bleu ce soir-là. Il y eut la déconfiture, en ouverture puis en demie.
Jusqu'à 2011, Jauzion, poutre indispensable des lignes arrière tricolores et toulousaines, semblait traverser les époques. Faute d'une relève suffisamment solide (Maxime Mermoz si souvent blessé), Lièvremont, comme Laporte avant lui, comme Novès à Toulouse, ne put se passer de lui, par défaut peut-être mais Jauzion, avec ses qualités et ses défauts, tenait la baraque. La saison 2010-2011 du Toulousain s'avéra moins réussie que les précédentes. Il fut évincé avec quelques autres anciens à l'issue de la défaite historique à Rome. Dans la foulée, il perdit sa place de titulaire à Toulouse en phase finale de Coupe d'Europe et ne fut pas retenu - à la surprise presque générale - pour la Coupe du monde. Ses jambes retrouvées et ses performances en phase finale de Top 14 (titulaire brillant en demie, solide en finale) ont relancé le débat de sa non sélection. A 33 ans, Jauzion pourrait bien être appelé à disputer son troisième Mondial en cas de non rétablissement d'Aurélien Rougerie, sélectionné parmi les centres alors que convalescent d'une fracture de la malléole.
Carrière en club :
-
1997 - 2000 : SC Graulhet2000 - 2002 : US Colomiers2002 - Maintenant : Stade Toulousain





