Marc LIEVREMONT

Né le 28 octobre 1968 à Dakar (Sénégal)


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Parcours à la tête de l'Equipe de France :

45 matchs


Dernier match : 23/10/11 Nouvelle-Zélande - France
Premier match : 03/02/08 Écosse - France

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Biographie de Marc LIEVREMONT :

Appointé en octobre 2007, Marc Lièvremont a terminé sa mission à la tête du XV de France quatre ans plus tard sur un bilan mitigé (60% de victoire en 45 matches, le deuxième taux le plus faible des entraîneurs-sélectionneurs, depuis 1981 et la nomination de Fouroux*), mais sur une Coupe du monde conclue en apothéose par une finale, certes perdue, contre la Nouvelle-Zélande, chez elle, qui donna une note finale positive, après une compétition pourtant très chaotique. Le sélectionneur semblait au bout de l'aventure. Les seize derniers mois (juin 2010 - octobre 2011) avaient été particulièrement éprouvants. Tout particulièrement pour un homme répétant souvent que sa première réaction avait été de ne pas accepter le poste... 

Quand, en octobre 2007, Marc Lièvremont succèda à Bernard Laporte au poste de sélectionneur du XV de France, ce fut donc une surprise, y compris pour lui. Son expérience en tant qu’entraîneur était modeste. Il venait juste de faire remonter Dax en Top 14 (2005-2007), avait eu la charge des Espoirs de Biarritz et de l’équipe de France -21 ans (2002-2005). A l’époque, il admit d’ailleurs : « Je n’ai jamais eu cette ambition et je conçois que les gens s’interrogent sur mon manque d’expérience. » Après la débâcle contre l’Australie en novembre 2010 – 16-59 au Stade de France, plus gros score jamais encaissé par le XV de France sur ses terres, deuxième plus gros score jamais encaissé de l’histoire des Bleus –, puis un Tournoi 2011 mitigé entâché d'un autre revers historique, à Rome contre l'Italie (22-21), les questions redoublèrent. Sur le projet de jeu, sur la politique de sélection et le turnover très important, au niveau des lignes arrière notamment. Trois ans et demi après sa prise de fonction, le bilan de l’ère Lièvremont était pâle : 36 matches, 21 victoires et 15 défaites dont quelques grosses valises en 2010, alors le plus petit taux de succès (58%) depuis 1981*. 

En homme honnête et réfléchi, sa franchise avait poussé Lièvremont à reconnaître un an plus tôt, après la désastreuse tournée de juin 2010 (83 points encaissés en deux matches contre l’Afrique du Sud et l’Argentine, 30 inscrits) : « C’est la désolation, un champ de ruines. Comment peut-on tomber aussi bas en quelques semaines ? » Quelques mois plus tôt, le XV de France avait remporté le Grand Chelem dans le Tournoi des Six Nations. En termes de résultat, avant la finale de Coupe du monde 2011, cette performance constituait l’apogée de son ère. Pas en termes de jeu, ce qu’il était le premier à dire : « Quand je me projette sur le rugby pratiqué dans l’hémisphère Sud, je relativise nos résultats lors du Tournoi et de la Coupe d’Europe (remportée par Toulouse contre Biarritz), affirmait-il en mai 2010. Les nations du Sud nous sont bien supérieures dans l’animation offensive, la qualité technique, le rythme, le temps de jeu. » Et il remit ça, en octobre de la même année dans les colonnes de Sud Ouest affirmant, tout à fait lucide, ne pas ambitionner de deuxième mandat à la tête du XV de France car « l’équipe de France n’est pas la priorité du rugby français »« le Top 14 est trop puissant ». Ajoutant : « Le Top 14 fait la part belle au jeu jusqu’au dix mais en termes d’animation offensive, il est pauvre. »

Fataliste, Lièvremont ? Idéaliste et un peu trop rêveur pour certains. Le nouveau sélectionneur s’était entouré de deux adjoints, produits comme lui de la Direction Technique Nationale, Emile Ntamack et Didier Retière, pas plus expérimentés que lui mais tout aussi convaincus qu’« on peut pratiquer un jeu qui ne se nourrit pas que des fautes de l’adversaire ». Le trio (numéro un, Lièvremont partageait alors ses responsabilités à égalité avec les deux autres, avant de reprendre seul le leadership en 2011) avait pris la succession du très pragmatique Laporte et, dès sa prise de fonctions lors du Tournoi 2008, poussa ses joueurs à l’excès de jeu afin de casser leurs « habitudes conservatrices ». Ce fut le début d’une histoire heurtée entre les ambitions du sélectionneur et la réalité du Championnat qui produit ses internationaux. Dès juillet 2008, Lièvremont fustigeait à raison le calendrier démentiel et les 53 semaines sur le pont que venait de vivre son premier capitaine, Lionel Nallet. Un an plus tard, avant de s’envoler pour la Nouvelle-Zélande, il questionnait, à raison encore : « Quand tu vas superviser les joueurs, tu les juges comment ? A part voir qu’ils se rentrent dedans et qu’ils frappent très fort dans le ballon… Le problème, c’est que ça suffit aujourd’hui pour exister en Top 14. »

Emmenés par leur nouveau capitaine Thierry Dusautoir, ses Bleus, timorés en novembre 2008, peu emballants pendant le Tournoi 2009 (victoire sur le favori gallois, déculottée à Twickenham en suivant), remportèrent pourtant à Dunedin, le 13 juin 2009, un de leur plus beau succès, une première victoire française en terre All Black depuis 1994, grâce à des valeurs de combat et un acharnement défensif qui constitueront le socle du succès sur les Champions du monde sud-africains quelques mois plus tard, puis du Grand Chelem 2010 et du réveil lors du Mondial 2011. Juin 2010, novembre 2010, puis le Tournoi 2011 (voir résultats plus haut) plongèrent le XV de France, joueurs et staffs, en situation inconfortable, entre doute et ambition, qui généra une cassure avec les médias, de plus en plus méfiants à l'égard du discours du sélectionneur, de son management et de son projet sportif peu lisibles.

Mais, malgré les embûches, Lièvremont restait optimiste, se disant même prêt à mourir avec ses idées. Il pouvait s'enorgueillir d'avoir su remplacer des leaders tels que Pelous ou Ibanez, des clients comme Milloud, De Villiers ou Betsen. D’avoir maintenu à leur meilleur Dusautoir, Bonnaire, Harinordoquy, Traille ou Clerc. D’avoir relancé avec succès Mas, Nallet, Servat, Papé et Rougerie, lancé Domingo (blessé pour le Mondial), Barcella, Millo-Chlusky, Pierre, Ouedraogo, Picamoles, Dupuy, Parra, Trinh-Duc, Mermoz, Bastareaud, Malzieu, Palisson ou Médard…

Pour le Mondial en Nouvelle-Zélande, il décida de se passer de Sébastien Chabal, Yannick Jauzion et Clément Poitrenaud. Aux antipodes, le climat de 2011 perdura. Sans convaincre, la France gagna ses deux premiers matches sur des scores lourds acquis dans les dernières minutes, face à des nations mineures (Japon, Canada). Elle tomba, logiquement surclassée, face à la Nouvelle-Zélande avant de se crasher contre le Tonga, un adversaire largement à sa portée. Deux défaites en poule de Coupe du monde, ce n'était jamais arrivé d'histoire de XV de France. Les tensions avec les médias s'accentuèrent, la scission avec son groupe était palpable. Marc Lièvremont apparaissait seul. Et ses hommes se réveillèrent. Tout de même qualifiés pour les quarts, ils dominèrent largement une faible équipe d'Angleterre, frolèrent la sortie de route en demie contre un pays de Galles réduit à quatorze (9-8) et se retrouvèrent contre toute attente en finale d'une compétition qu'ils avaient mal entamée. Face à la Nouvelle-Zélande, chez elle. Perpétuant l'histoire rugbystique française dans toute sa splendeur, chaotique surtout, les Bleus de Thierry Dusautoir et de Marc Lièvremont sortirent - enfin - un match digne de ce nom, faisant douter les All Blacks jusqu'à la dernière seconde, tombant comme des braves, d'un rien (7-8). Ce qui avait failli être une terrible désillusion (élimination en poule passée tout près) s'était transformé en success story, donnant au bilan de Lièvremont, déjà vice-champion du monde comme joueur en 1999, un aspect soudain bien plus positif. Même si, par exemple, contre les principales nations de l’hémisphère Sud (Argentine, Australie, Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande), les chiffres sont nettement moins bons : 4 victoires (27%), 11 défaites…

Il pouvait laisser la place à son sucesseur le coeur plus léger. Il transmit d'ailleurs le fruit de ses quatre années d'expérience à Philippe Saint-André avant que celui-ci n'entre en fonction officiellement, le 1er décembre 2011.   

En tant que joueur, Marc Lièvremont compte 25 sélections en équipe de France de 1995 à 1999 (troisième ligne aile). Il a remporté le Grand Chelem en 1998 et disputé la finale de la Coupe du monde 1999. En club, formé à Argelès-sur-Mer, il a joué à Perpignan de 1988 à 1997, puis au Stade Français de 1997 à 2000, où il a remporté le Championnat de France en 1998. Une blessure au genou l’a contraint à mettre un terme à sa carrière en 2002, après deux dernières saisons à Biarritz. A Perpignan, Biarritz et en équipe de France, il a joué avec son frère Thomas (contre qui il disputa aussi la finale du Championnat en 1998). Il a entrainé Thomas et son autre frère Matthieu à Dax. A la tête du XV de France, il a sélectionné Matthieu à deux reprises, en juin 2008.

* C'est à partir de la prise de fonction de Jacques Fouroux que le poste sélectionneur-entraîneur tel qu'on le connaît aujourd'hui a pris son sens.

Dernière actualisation : 13 janvier 2012

Lievremont 1 : la vocation (Interview au CNR Marcoussis - Février 2011)


Lievremont 2 : la construction (Interview au CNR Marcoussis - Février 2011)


Lievremont 3 : la nomination (Interview au CNR Marcoussis - Février 2011)


Lievremont 4 : la fonction (Interview au CNR Marcoussis - Février 2011)


Lievremont 5 : le contexte politique (Interview au CNR Marcoussis - Février 2011)


Carrière en tant qu'entraîneur et sélectionneur :

  • 2002 - 2005 : Biarritz Olympique Espoirs
  • 2003 - 2005 : France -21
  • 2005 - 2007 : US Dax
  • 2008 - Maintenant : France (Sélection nationale)